Le suicide, principale cause de mortalité maternelle en France

Le suicide, principale cause de mortalité maternelle en France

Le suicide, principale cause de mortalité maternelle en France

D’après un rapport de l’Inserm et de Santé publique France publié le 3 avril 2024, le suicide se trouve en tête de liste des causes de mortalité chez les jeunes mères. Cette étude démontre que sur les 272 décès recensés entre 2016 et 2018, 45 (futures) mamans auraient choisi de mettre fin à leur vie pendant la période périnatale. Pour mieux comprendre cette tragédie, découvrons ensemble les principaux facteurs de risque et les mesures à adopter pour prévenir le suicide chez les jeunes mères

Le suicide, première cause de décès maternel

Les décès enregistrés sont survenus de la conception du bébé à la première année suivant l’accouchement. Le suicide représente 17 % des causes de mortalité maternelle, soit près d’un décès toutes les trois semaines, ce qui lui a valu la première place. Cette « tendance » concerne surtout les 12 mois qui suivent la naissance du bébé. Non loin derrière, les maladies cardiovasculaires seraient à l’origine de 14 % des cas de mortalité maternelle en France. Elles dépasseraient le suicide lors des six semaines suivant l’accouchement. Pour sa part, l’hémorragie obstétricale passe au troisième rang, suivie des thromboembolies veineuses, des AVC et des embolies amniotiques.

Notons que dans tous les cas, le risque de mortalité maternelle est accru chez les femmes :

  • Résidant en outre-mer ;
  • Migrantes ;
  • Plus âgées (au-delà de 35 ans) ;
  • En situation d’obésité.

Pourquoi les femmes enceintes et les jeunes mères se suicident ?

Voici quelques facteurs augmentant le risque de décès maternel d’origine psychiatrique.

La dépression périnatale

La dépression périnatale peut se manifester pendant la grossesse ou lors de la première année post-partum. Contrairement au baby blues, elle ne se limite pas à une irritabilité transitoire ou à la tristesse pendant les jours suivant l’accouchement. La dépression post-partum dure plus de deux semaines et se caractérise entre autres par :

  • Une profonde tristesse ;
  • Des difficultés à interagir avec le bébé ;
  • Le sentiment d’être une mauvaise mère ; 
  • Des troubles du sommeil ;
  • Des troubles alimentaires.

Le suicide dû à la dépression périnatale peut résulter d’une grossesse non désirée, du jeune âge de la (future) maman ou encore des abus qu’elle a subis durant son enfance.

L’existence d’antécédents psychiatriques

De 2016 à 2018, la moitié des femmes s’étant suicidées en période périnatale avaient des antécédents psychiatriques. Bien avant de tomber enceinte, elles ont souffert de dépression, de trouble bipolaire, de tendance suicidaire liée à un trouble de la personnalité, etc.

La peur de se livrer

Certaines jeunes mères s’ôtent la vie parce qu’elles culpabilisent énormément à l’idée de ne ressentir aucun plaisir avec leur bébé. Elles éprouvent de la tristesse après l’accouchement et ont peur d’en parler aux professionnels de la santé ou à leurs proches. À cette cause s’ajoute l’absence de psychologue dans certaines maternités.

Les mesures visant à réduire le taux de mortalité maternelle due au suicide

Selon l’Inserm et Santé Publique France, plus de la moitié des décès maternels seraient « possiblement » ou « probablement » évitables. Ci-après quelques solutions de prévention du suicide pendant et après la grossesse :

Améliorer le dépistage des troubles mentaux

Lors du suivi prénatal et jusqu’au premier anniversaire du bébé, il est important que les professionnels (sages-femmes, gynécologues obstétriciens, pédiatres, etc.) restent vigilants quant aux signes de la dépression périnatale. Il en va de même pour les proches des (futures) mamans, sachant que le taux de suicide atteint son pic à 4-5 mois post-partum.

Pour les femmes : oser s’ouvrir

Si vous avez des idées sombres ou suicidaires, n’hésitez surtout pas à en parler à votre entourage et à consulter un psychologue. Si dépression est, vous vous sentirez mieux grâce à la psychothérapie et aux antidépresseurs que votre médecin vous prescrira.